A cette époque de préparation de ma vie active, j'étais un adolescent timide et solitaire, mais j'avais une "vocation" dont j'étais fier, venue de mon grand-père paternel, un horloger modeste et bricoleur qui faisait mon admiration.
En 1912 il avait construit sur les quais de Seine un avion en vraie grandeur, qui n'avait jamais volé.
Puis, au début de la radio, il avait construit des postes de réception à partir de pièces du commerce "en kit", sans bien en comprendre le fonctionnement technique.
Il me faisait cadeau de temps à autre de pièces détachées : bobine, condensateur variable, détecteur à galène, qui me permettaient d'écouter la radio à domicile.
J'ai suivi cette vocation tout au long de ma carrière professionnelle, où j'ai toujours eu un fer à souder à portée de main.

En taupe, je voulais présenter SUPELEC, et c'est à l'insistance de ma famille que j'ai passé les concours de l'X et de Normale, plus glorieux.
En 1950 j'étais Grand-A.
En 1951, à la fin des oraux, je suis convoqué à l'X pour prendre les mesures de mes tenues militaires. C'est le signe de la victoire !
J'abandonne l'oral de Normale car je n'y suis pas en bonne posture et je ne veux pas faire de l'enseignement (dans mon esprit, c'était le lot exclusif des normaliens).
Dès l'intégration à l'X, je décide de pantoufler car, dans mon esprit toujours aussi mal renseigné, il est impossible de faire de la technique dans une administration.
Je passerai donc mes deux ans à l'X sans travailler sérieusement, ce que je regrette aujourd'hui, à jouer au bridge et à construire de postes de TV au binet radio.
Puis, service militaire à Nimes, Vincennes et Commercy.
Passage à LMT qui avait avancé le remboursement de ma pantoufle.
Puis CSF, Thomson et ALCATEL. Un parcours professionnel modeste mais heureux.